Bora-Bora, Maupiti, Fakarava, Marquises… ces noms suffisent à eux seuls à vous faire voyager, et à illuminer les yeux de ceux qui les prononcent.
Au coeur du triangle polynésien dessiné entre Hawaii, la Nouvelle-Zélande et l’île de Pâques, les îles volcaniques de Polynésie française s’étendent sur un territoire vaste comme l’Europe. Impossible donc de songer en faire le tour en un seul voyage, à moins de disposer soit d’une belle cagnotte, soit d’un voilier et de beaucoup de temps. Il y a autant de diversité dans ces iles que dans les célèbres perles noires qui y sont cultivées : rondes, cerclées, baroques… toutes les couleurs se trouvent ici, à l’image de la peau de ses enfants au métissage infini.
Dès l’arrivée à bord de l’avion d’Air Tahiti, le parfum de la fleur de tiaré que vous offre l’hôtesse vous transporte dans la magie des îles. Toutefois, la grève des hydrocarbures ayant bloqué les bateaux au port durant plusieurs jours, il est plus difficile de se déplacer d’une île à l’autre que prévu. Au terme d’une véritable épreuve de patience à l’aéroport, le bleu turquoise caractéristique du lagon de Bora-Bora s’offre enfin aux yeux des touristes, mais aussi des enfants qui rentrent chez eux retrouver leurs familles, le temps des vacances scolaires…

Ca y est, je suis enfin à Bora ! Une petite pension familiale les pieds dans l’eau, un plat de poisson cru au lait de coco servi sur des feuilles de bananier, des oiseaux de paradis volant dans le ciel au rythme des tambours polynésiens, le dépaysement est sans doute au rendez-vous… Dommage que la vue soit bouchée par ces bungalows sur pilotis de béton qui se louent une petite fortune (environ 600 euros la nuit) et dont la construction est certainement responsable de la disparition des raies mantas dans le lagon. Le tour de l’île en bateau se limite ainsi à une succession de noms d’hôtels : à gauche le Club Med, à droite le Méridien… Si l’on veut vraiment prendre la mesure de la beauté du site, il faut emprunter l’un des sentiers qui serpentent dans la montagne (et oui, à Tahiti il n’y a pas que la plage !) De là-haut, la multitude des nuances de bleus dessine un tableau extraordinaire, ce qui justifie peut être le titre de “perle de la Polynésie” dont les habitants de Bora-Bora sont fiers.

Afin de voir à quoi ressemblait la Polynésie d’il y a vingt ou trente ans, il vous faudra aller voir ailleurs… Et pour prendre le bateau qui vous emmène jusqu’à Maupiti, la plus éloignée des îles Sous-le-Vent, il faut avoir le coeur bien accroché. Le ”Maupiti Express” a d’ailleurs été, à juste titre, rebaptisé localement : le “Vomiti Express” ! Mais le trajet en vaut le détour… Si cela n’est pas le bout du monde, ça s’en approche drôlement : 12 km2, un millier d’habitant, et une plage de sable blanc à vous couper le souffle !
Taha’a, dont les routes viennent seulement d’être goudronnées, ravira au contraire les amateurs de nature et les ”routards de la mer”, vous pourrez y découvrir notamment le processus complexe de fabrication de la vanille, grâce au “Vanilla Tour” d’Alain, un Français installé depuis 20 ans sur l’île avec sa charmante compagne Cristina. Passionné de plantes, il vous fera découvrir son petit monde lors d’une demi-journée que vous ne serez pas prêts d’oublier…

Et pour avoir un aperçu des merveilles sous-marines de la région, allez vous prélasser sur la plage du camping à Mooréa, Teva (”le prince” en polynésien) vous proposera sûrement de vous emmener à la rencontre des raies pastenagues, des requins, des dauphins et de bien d’autres surprises cachées au fond de l’eau.

A Tahiti, le tourisme connaît une crise importante, les affaires politiques ressemblent à une vaste tromperie, et les prix peuvent sembler prohibitifs, mais les Polynésiens gardent un amour inconditionné pour leur île et se chargeront de vous le transmettre si vous prenez le temps de les écouter.
Comme toute destination mythique, la Polynésie comporte donc son lot de déceptions, néanmoins l’éclat de ses perles reste pour longtemps dans vos yeux, une fois que vous l’avez quittée.
