Je le fais bien, le Moai, non ?

16 juillet 2008

Rapa Nui…

Deux mots qui caractérisent le mystère de ces volcans posés au milieu de l’océan, trois centres volcaniques qui donnent à l’île de Pâques sa forme triangulaire…

Magie des Moais, statues de cendres, surveillant la terre qu’ils protègent grâce à leur mana (leur pouvoir sacré) depuis plus de 6 000 ans !

Force des chevaux galopant librement sur l’île, et beauté sauvage de leurs cavaliers équipés d’un simple tapis de laine et d’un bandana sur le front…

Le nombril du monde, ni plus, ni moins !


Pureté de l’eau, claire comme un cristal, qui accepte de nous livrer la lumière de ses fonds au bas des motus, ces îlots sur lesquels l’homme-oiseau allait s’isoler pendant plus d’une année, afin de montrer aux autres qu’il était le plus fort…

Puissance des danseurs polynésiens, des chants maoris et des percussions du groupe Matato’a

Simplicité tranquille des habitants qui témoignent, par chacune de leurs paroles, d’un attachement très fort à leur terre, pourtant rude et hostile…

Persistance des chiens qui nous accompagnent par dizaines, inlassablement, à chacun de nos trajets…

Légendes merveilleuses, telle l’histoire cette femme au pouvoir gigantesque qui, d’un coup de bâton dans la terre, a renversé tous les Moais de l’île, parce qu’un jeune homme avait refusé de lui livrer de la langouste à manger !

La plus grande de ces statues millénaires reste encore encastrée dans son écrin de pierre, et ses 18 mètres de long nous renseignent sur la difficulté du travail que les esclaves devaient effectuer pour les fabriquer puis les transporter jusqu’à leur plateforme surplombant la mer…

Non, les Moais ne m’auront pas livrés leurs secrets, mais leur pouvoir m’a envoûtée, ça c’est sûr !


Perles et merveilles de Tahiti

31 mai 2008
Bora-Bora, Maupiti, Fakarava, Marquises… ces noms suffisent à eux seuls à vous faire voyager, et à illuminer les yeux de ceux qui les prononcent.
Au coeur du triangle polynésien dessiné entre Hawaii, la Nouvelle-Zélande et l’île de Pâques, les îles volcaniques de Polynésie française s’étendent sur un territoire vaste comme l’Europe. Impossible donc de songer en faire le tour en un seul voyage, à moins de disposer soit d’une belle cagnotte, soit d’un voilier et de beaucoup de temps. Il y a autant de diversité dans ces iles que dans les célèbres perles noires qui y sont cultivées : rondes, cerclées, baroques… toutes les couleurs se trouvent ici, à l’image de la peau de ses enfants au métissage infini.
Dès l’arrivée à bord de l’avion d’Air Tahiti, le parfum de la fleur de tiaré que vous offre l’hôtesse vous transporte dans la magie des îles. Toutefois, la grève des hydrocarbures ayant bloqué les bateaux au port durant plusieurs jours, il est plus difficile de se déplacer d’une île à l’autre que prévu. Au terme d’une véritable épreuve de patience à l’aéroport, le bleu turquoise caractéristique du lagon de Bora-Bora s’offre enfin aux yeux des touristes, mais aussi des enfants qui rentrent chez eux retrouver leurs familles, le temps des vacances scolaires…
Ca y est, je suis enfin à Bora ! Une petite pension familiale les pieds dans l’eau, un plat de poisson cru au lait de coco servi sur des feuilles de bananier, des oiseaux de paradis volant dans le ciel au rythme des tambours polynésiens, le dépaysement est sans doute au rendez-vous… Dommage que la vue soit bouchée par ces bungalows sur pilotis de béton qui se louent une petite fortune (environ 600 euros la nuit) et dont la construction est certainement responsable de la disparition des raies mantas dans le lagon. Le tour de l’île en bateau se limite ainsi à une succession de noms d’hôtels : à gauche le Club Med, à droite le Méridien… Si l’on veut vraiment prendre la mesure de la beauté du site, il faut emprunter l’un des sentiers qui serpentent dans la montagne (et oui, à Tahiti il n’y a pas que la plage !) De là-haut, la multitude des nuances de bleus dessine un tableau extraordinaire, ce qui justifie peut être le titre de “perle de la Polynésie” dont les habitants de Bora-Bora sont fiers.
Afin de voir à quoi ressemblait la Polynésie d’il y a vingt ou trente ans, il vous faudra aller voir ailleurs… Et pour prendre le bateau qui vous emmène jusqu’à Maupiti, la plus éloignée des îles Sous-le-Vent,  il faut avoir le coeur bien accroché. Le ”Maupiti Express” a  d’ailleurs été, à juste titre, rebaptisé localement : le “Vomiti Express” ! Mais le trajet en vaut le détour… Si cela n’est pas le bout du monde, ça s’en approche drôlement : 12 km2, un millier d’habitant, et une plage de sable blanc à vous couper le souffle !

Taha’a, dont les routes viennent seulement d’être goudronnées, ravira au contraire les amateurs de nature et les ”routards de la mer”, vous pourrez y découvrir notamment le processus complexe de fabrication de la vanille, grâce au “Vanilla Tour” d’Alain, un Français installé depuis 20 ans sur l’île avec sa charmante compagne Cristina. Passionné de plantes, il vous fera découvrir son petit monde lors d’une demi-journée que vous ne serez pas prêts d’oublier…

Et pour avoir un aperçu des merveilles sous-marines de la région, allez vous prélasser sur la plage du camping à Mooréa, Teva (”le prince” en polynésien) vous proposera sûrement de vous emmener à la rencontre des raies pastenagues, des requins, des dauphins et de bien d’autres surprises cachées au fond de l’eau.

A Tahiti, le tourisme connaît une crise importante, les affaires politiques ressemblent à une vaste tromperie, et les prix peuvent sembler prohibitifs, mais les Polynésiens gardent un amour inconditionné pour leur île et se chargeront de vous le transmettre si vous prenez le temps de les écouter.

Comme toute destination mythique, la Polynésie comporte donc son lot de déceptions, néanmoins l’éclat de ses perles reste pour longtemps dans vos yeux, une fois que vous l’avez quittée.

 
 

 
 
 

 

 


La prochaine fois…

2 mai 2008

Autant vous le dire tout de suite : la Nouvelle-Zélande en 15 jours, c’est trop court !

Certes, je m’y attendais un peu, mais c’était une question de budget : pas moyen de rester plus longtemps dans ce pays où j’allais forcément dépenser une fortune pour faire plein d’activités : trekking, rando sur les glaciers, balade en bateau dans les fjords, saut à l’élastique… Si vous aimez la nature et la montagne, ici, vous êtes servis !

85 % du pays est couvert de forêt, et même si la plupart ont été détruites, le pays ressemble quand même a un parc naturel géant peuplé de moutons, de cerfs, de vaches et… d’opossums ! Ces derniers ont pullullé jusqu’à atteindre le nombre de 70 millions et, comme les kangourous en Australie, on en voit plus écrasés sur la route que vivants… Pas très appétissant, mais cela leur permet de créer tout une série d’objets étonnants en fourrure d’opossum : couvertures, housses de volant de voiture, et même des sous-vêtements !

Pour ce qui est du saut à l’élastique ou en parachute, j’ai passé mon tour… après tout, pourquoi irai-je sauter d’un pont ou d’un avion en parfait état de marche ?! Non, j’ai préféré faire des trucs un peu moins extraordinaires, mais non moins inoubliables : essuyer 88 noeuds de vent dans les fjords de Milford Sound, survoler des cachalots dans un petit avion bimoteur de 10 places, observer les parapentes décoller au dessus de Christchurch (pensée spéciale pour Alex, mon parapentiste favori !), m’éclater la cheville en sautant d’un étrange rocher en forme d’oeuf…

Mais aussi trinquer avec des théières en porcelaine remplies de cocktails aux noms évocateurs, aller “au delà du Paradis” dans des vallées glaciaires extraordinaires, échanger un salut Maori (front contre front) avec un restaurateur de génie, m’allonger avec les phoques sur des rochers chauffés par le soleil, tenter de repérer un kiwi, un albatros, ou un oiseau nommé “kaka” dans les parcs nationaux, plonger dans un lac glacé pour accéder aux sources chaudes tout droit sorties de la montagne, partager un barbecue et un bol de “maté” avec des amis Brésiliens, ou encore m’amuser à compter les moutons sur le bord de la route (et il y en a pour un moment, car le pays en compte plus de 40 millions, pour seulement 4 millions d’habitants… pas mal, non ?)

La liste est longue et encore, je vous jure, je me suis retenue !

Bilan : plus de 3500 kilomètres de route en un peu plus de 2 semaines, soit quasiment le tour complet de l’île du Sud, dans des paysages qui ressemblent à une nouvelle carte postale après chaque virage…  

Difficile de rendre compte de ce bout du chemin qui ressemblait un peu à une course contre la montre. J’ai quand même pu avoir un apercu de la vie quotidienne sur place, en partageant pendant quelques jours celle de Mervina et Sam, rencontrés grâce à Will, mon compagnon de voyage anglo-catalan, et ils nous ont baladés partout à Dunedin et fait découvrir la ”nightlife” locale. Mention spéciale au curry de boeuf de Mervina !!

Un seul regret : celui de ne pas avoir pris plus de temps pour découvrir l’histoire du pays et la culture Maori. C’est sûr, il y aura donc une “prochaine fois” au pays des Kiwis…


La tête en bas !

17 avril 2008

Hé oui, voila maintenant un bon petit moment que j’ai la tête a l’envers, sur cette immense île-continent que ses habitants appellent “the land down under”, référence à la célèbre chanson des Men at work

Est-ce parce qu’ils vivent constamment la tête en bas que les Australiens sont tous un peu dingos ? En tous cas, ils ne doivent pas être bien rapides du cerveau ! La preuve sur les panneaux de la circulation : tout le monde connaît ceux signalant les passages de kangourous ou d’opossums… mais saviez-vous que les conducteurs australiens bénéficient aussi de nombreux conseils le long des routes ?

Par exemple, sur l’autoroute, on peut lire : “Wrong way. Go back !”

Littéralement : “vous êtes dans le mauvais sens, faites demi-tour !”
Mmmh… L’Ozzie moyen est-il si bête ?
A-t-il vraiment besoin qu’on lui précise qu’il vaut mieux faire demi-tour quand on roule en sens inverse sur une autoroute ?!?! Je m’interroge…

Un peu plus loin, un autre panneau : “Don’t drink and drive !”

Littéralement : “Ne buvez pas au volant !” Bon, j’ai compris, c’est pas qu’ils sont idiots, c’est juste qu’ils ont un taux d’alcoolémie moyen qui les empêche d’interpréter tous seuls les panneaux de signalisation ! Mais certaines affiches ne sont pas complètement idiotes :

Bon, c’est vrai que le vocabulaire de l’Australien moyen peut paraître limité au premier abord : pour dire “Bonjour” il dira “G’day”, voire simplement “Oi” ! Au debut c’est un peu surprenant, mais on s’y fait vite, et la douceur de vivre n’a d’égale que la gentillesse des gens que je croise sur ma route…

Côté gastronomie, pas de quoi casser trois pattes à un canard : j’ai mangé beaucoup de fish’n'chips, mais aussi des huîtres rondes magnifiques, et même du kangourou grillé qui, malgré mes préjugés, était vraiment excellent ! Enfin, c’est pas ici que je vais enrichir mon livre de recettes.

Côté culture, j’ai poursuivi mon enquête sur l’appropriation, par les colons britanniques, de la terre sur laquelle vivaient les Aborigènes… Pour ceux qui ne le savent pas, le gouvernement australien a récemment demandé pardon au peuple aborigène, lequel a aussitôt réclamé compensation financière, au nom de toutes les atrocités subies par la “génération perdue”… Difficile de juger ce problème, mais difficile aussi de voir le racisme primaire dont sont souvent victimes les Noirs en Australie.

Côté activités, ben j’ai fièrement exhibé à la plage mes orteils fraîchement peints à la main en Indonésie (fallait que je vous les montre, quand même)…

… conduit des kilomètres le long de la côte Est, peu fréquentée des touristes entre Melbourne et Sydney, fait une plongée magnifique à Jervis Bay (spéciale dédicace à Jean-Fi pour le superbe livre qu’il m’avait offert) et bien profité de ma cousine Alice, son mari Tony et mon adorable petit cousin Tom… Un grand merci à vous pour votre accueil familial et francophone, très bienvenu au royaume du hamburger géant !